• Louise

Impact de l'élevage sur notre santé (4/8)

Mis à jour : juin 24

Les produits animaux et notre santé


Contrairement à ce qu'on entend souvent, l'être humain à besoin d'apports issus de la production animale pour être en bonne santé. En effet, les protéines animales sont les mieux assimilées par l'homme et elles sont une source riche et parfois unique d'éléments vitaux. La vitamine B12, essentielle à notre bon fonctionnement, se trouve par exemple seulement dans les aliments issus de la production animale. Ces aliments sont aussi très riches en calcium, phosphore, fer, vitamines A, B3, D6, etc... Attention cependant à ne pas trop en manger. La viande, et particulièrement la viande transformée (ô désespoir la charcuterie entre dans cette catégorie) peut être à l'origine de cancer. Il faut donc surtout en consommer de manière raisonnable.

L'OMS le dit et le redit, des restrictions en protéines animales peuvent entraîner de graves carences nutritionnelles avec des conséquences pouvant aller de graves à légères.

En bref, on peut ne pas manger de viande et compenser par des œufs, yaourt, fromages, tout en étant en bonne santé, mais on ne peut pas se priver de tout ça à la fois au risque de mettre en péril son bon fonctionnement. Les personnes choisissant un régime végan se doivent d'aller en pharmacie pour prendre des compléments alimentaires afin d'avoir la fameuse vitamine B12 qu'on ne trouve nul par ailleurs. Et comme dit dans l'article précédent (Impact de l'élevage sur l'environnement) , on n'utilise pas moins de surfaces agricoles lorsqu'on est végan. Si tout le monde était végan, il nous faudrait pus de surfaces pour nous nourrir. On devrait aussi se priver de tous les services rendus par l'élevage (idem, cf article précédent) ce qui aurait un impact négatif sur l'environnement.



Qu'est-ce qu'un régime alimentaire durable ? La FAO définit un régime alimentaire durable "comme étant nutritionnellement adéquat, sain, sur, culturellement acceptable, économiquement viable et respectueux de la biodiversité et des écosystèmes". Quand on ajoute que la population mondiale est amenée à grossir et qu'il faudra nourrir ce beau monde avec des surfaces qui ne sont pas extensibles, on se rend compte de l'ampleur du challenge.


Pour compliquer encore un peu les choses, on se rend compte que toutes les dimensions de la définition de la FAO ne sont pas compatibles entre elles. Prenons l'apport nutritionnel et l'impact environnemental : si on réduit notre consommation de viande à 50gr par jour, on baisse notre emprunte carbone de 12%. Super nouvelle ! Sauf qu'on perd aussi un apport de 133 calories par jour (moins cool, sauf pour ceux qui veulent maigrir !!). On est alors obligé de compenser par d'autres aliments d'origine végétale et là c'est le drame : il a été calculé que si on compensait par des fruits et des légumes notre emprunte carbone passait à +3%.

Le régime végan est-il durable ?

Le régime végan ne répond pas à trois critères de durabilité de la définition de la FAO. Il ne remplit pas les conditions du "nutritionnellement adéquat", du "culturellement acceptable et du protecteur et conservateur de la biodiversité.

Pour éviter les redites et pour ceux qui souhaitent en savoir, je vous propose de lire l'article de ce dossier "Les 5 idées reçues sur l'élevage" pour avoir tous les détails point par point.


Les recommandations alimentaires de l'OMS

Difficile de s'y retrouver en tant que consommateur du coup ! Mais pas de panique, l'OMS nous fait des recommandations concrètes sur lesquelles globalement il y a un consensus scientifique. Il faut :

  • Manger moins de viande : il est clair qu'on en mange trop et tout le monde est désormais d'accord là-dessus. Demain, de nombreux pays vont se développer et pourront accéder à cet aliment de qualité. Il faut qu'ils puissent en manger sans augmenter la taille du cheptel mondial. Cela signifie donc qu'il faut qu'on diminue notre quantité de viande consommée pour en laisser aux autres. Manger trop de viande représente aussi des risques pour notre santé, soyons donc raisonnable :) Il faudrait idéalement que 50% des protéines soient d'origine animales et 50% d'origine végétales. La conclusion est donc sans appel : il faut manger plus de lentilles !

  • Manger de tout en quantité raisonnable

  • Manger moins de sucre (et ouiiii on le sait tous mais c'est dur !!)

Jean-Louis Peyraud dénonce ici aussi dans son rapport une vision trop simpliste dans le débat actuel. On fait des calculs purement arithmétiques en ignorant les effets agronomiques et écologiques induits par la substitution des terres. C'est d'autant plus vrai que les produits très faibles en emprunte carbone (céréales raffinées ou produits à très forte teneur en graisse ou en sucre) sont malheureusement ceux qui ont un profil nutritionnel médiocre. Tout est histoire de compromis et de raison, comme souvent !



Les nouveaux substituts à la viande

Un nouveau marché est par ailleurs en train de se développer, les investisseurs et les grands groupes financiers y croient très fort : demain nous mangerons de la "viande" fabriquée in vitro et de la "viande" végétale. Mais alors que valent les nouveaux substituts à la viande la vraie?

  • La "viande" végétale est certainement celle qui a le plus de potentiel de part sa capacité à être produite à grande échelle. C'est en tout cas celle qui prend le plus de part de marché. Cependant, ces produits ultra transformés ne sont pas toujours nutritionnellement adéquats : le processus de transformation détruit la structure naturelle des plantes, multiplie les additifs et peut contenir des perturbateurs endocriniens. Quitte à manger des protéines végétales, pourquoi ne pas manger directement du soja plutôt que ces produits sur-transformés ? La question se pose.

  • La "viande" in vitro est le produit qui fait l'objet du plus de réserves. Ca peut paraitre incroyable mais pour la produire, les chercheurs sont obligés pour le moment d'utiliser des hormones de croissance, celle-là mêmes qui ont été interdites dans l'élevage depuis maintenant quinze ans. Le rapport de Jean-Louis Peyraud explique qu'on ne connaît pas encore les impacts de ces produits sur la santé humaine et qu'il faut donc rester vigilant. Ce produit présente deux autres écueils : la production en grande quantité représente un vrai défi et il est très énergivore. Sur ce dernier point, même si ces produits permettent de réduire le méthane à court terme (puisque il n'y a plus d'utilisation d'animaux), cet avantage se réduit à long terme à cause de la production accrue de CO2 engendrée.


Prochain article : Elevage et bien-être animal



Poursuivre la lecture du dossier "L'élevage : le problème mais aussi la solution" :

Article 1 : Introduction : une rencontre de choix pour parler de l'élevage

Article 2 : Historique et état des lieux de l'élevage en Europe

Article 3 : Impact de l'élevage sur l'environnement

Article 4 : Impact de l'élevage sur notre santé (en cours de lecture) Article 5 : Elevage et bien-être animal Article 6 : Les enjeux de l'élevage de demain

Article 7 : Les cinq idées reçues sur l'élevage Article 8 : Hugo Clément : le vrai du faux


Pour aller plus loin : écoutez le Podcast !