• Louise

[Edito] Des citadins à la ferme et des agriculteurs heureux de partager leur métier !

Dernière mise à jour : 21 oct.



Visite à la ferme agri tourisme

Fin août, le département de la Meuse, via son agence Meuse Attractivité, m'a offert la chance de mettre en place quelque chose que je souhaitais faire depuis longtemps : amener le grand public dans les fermes. Six gagnants d'un jeu concours organisé en amont ont eu la chance de partir passer un week-end sur le territoire Meusien pour partir à la découverte de ses richesses et de ses agriculteurs.


Et bonne nouvelle, lorsqu'on connecte les agriculteurs et les citadins ensemble, ça fonctionne !


Une discussion fluide et spontanée

Vache transformation yaourt

Nous sommes d'abord partis à la rencontre d'Estelle, éleveuse de vaches laitières qui utilise une partie du lait pour produire ses propres yaourts et les vendre en circuit-court. Une fois le café pris tous ensemble, nous avons fait le tour de l'exploitation d'Estelle pour découvrir son troupeau qui compte 70 vaches. Malgré des quotidiens diamétralement opposés, la glace s'est très vite brisée et un véritable échange s'est installé entre l'agricultrice et le groupe de parisiens. Tous les sujets ont été abordés sans tabous : la rémunération de l'éleveuse, sa retraite, ses difficultés à partir en vacances, l'insémination, l'utilisation des pesticides, etc... Estelle s'est prêtée au jeu des questions des visiteurs, en y répondant avec honnêteté et transparence.

Une visite qui permet de sortir des visions simplistes souvent véhiculées par les réseaux sociaux.


Au cours de la visite, je surprends une conversation entre le mari d'Estelle et trois visiteurs. L'éleveur était en train d'expliquer pourquoi et comment ils décornaient les vaches. Et alors que le même sujet présenté sous forme de vidéo de trois minutes sur les réseaux sociaux aurait choqué, ces dernières entendent et comprennent le discours de l'agriculteur.


Pas de doute, la visite à la ferme et l'échange avec les agriculteurs permettent de mieux comprendre la complexité des choses et de sortir des visions simplistes souvent proposées sur les réseaux sociaux.

Bière brasserie brasseurs

Conduits par Vincent, notre super guide de Mirabelles Tour, nous sommes partis chez Sélène et Jean-Philippe. Ces deux jeunes installés sont agriculteurs-brasseurs, ils produisent leur propre bière grâce à l'orge qu'ils cultivent sur leur exploitation. Jean-Philippe et Sélène nous présentent leur ferme, nous expliquent comment ils travaillent, et, au cours de la visite, Jean-Philippe lâche une phrase pour lui anodine : "On irrigue, parce qu'on ne peut pas produire sans eau". Sourire dans l'assemblée. On rembobine le film de la journée pour revenir au petit déjeuner pris tous ensemble avant de partir. Nous avons eu un débat : un des participants nous racontait qu'il avait vu une vidéo d'un maraîcher qui faisait pousser ses légumes sans eau en pleine période de sécheresse (vous trouverez la vidéo ici si vous ne l'avez pas vue). Cas particulier ou véritable solution pour le futur ? Tel était le sujet du débat.


Alors quand Jean-Philippe nous dit tranquillement "qu'il faut de l'eau pour produire", c'est l'occasion de leurs demander leur avis à eux, producteurs, sur cette fameuse vidéo. Sélène prend alors la parole et nous explique sa vision : c'est peut-être possible sous certaines conditions, en produisant dans certaines quantités mais chez eux, les conditions climatiques et le terroir impliquent qu'ils ont besoin d'eau pour travailler. Et, ici aussi, les visiteurs curieux sont réceptifs à cet autre son de cloche.

Ils comprennent qu'en agriculture, ce qui est vrai pour une exploitation ne l'est pas forcément pour une autre.

Des visiteurs qui se souviendront de cette journée et des agriculteurs heureux de partager leur métier.

Au fond de moi je l'espérais, mais c'est confirmé, le bilan du séjour était 100% positif. Les citadins repartent marqués par ces visites à la ferme. Voir les animaux et échanger avec l'agriculteur les ont marqué et leurs ont donné une autre vision du monde agricole.

Et puis de l'autre côté, après avoir fait le point avec les agriculteurs, ces derniers ressortent également satisfaits. Ils prennent plaisir à expliquer leur métier et en tire une forme de reconnaissance.

Tous à la ferme !


Bref, je suis convaincue que le changement passera par là : permettre aux citadins de renouer le lien avec le monde agricole en les emmenant dans les fermes pour qu'ils découvrent par eux-mêmes les réalités du métier. Quand on sait que neuf personnes sur dix vivent en ville, il y a du boulot ! Toute la question est donc de trouver comment généraliser ces pratiques pour favoriser le dialogue entre grand public et monde agricole.


La Clé des Champs participera avec plaisir et conviction à relever ce challenge car c'est bien là tout son rôle : rendre l'agriculture accessible. En tout cas, ces rencontres m'ont permis de repartir de ce week-end sur le beau territoire meusien pleine d'énergie, plus motivée que jamais à relever le défi !



Louise Lesparre

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